Le témoignage une étudiante de la Sorbonne

Mon experience à Georgia State University - Clèo Grimaldi

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Lorsque j’ai entamé les démarches pour partir en programme d’échange à Georgia State, j’étais tant submergée par la quantité de formalités administratives que j’ai eu peur que le jeu n’en vaille pas la chandelle. Entre le dossier pour la Sorbonne, les démarches pour obtenir un visa, le coût du transport, du logement et des frais d’inscription (étudier à Georgia State a un certain coût : environ $850 de frais d’inscription par semestre, cependant : aucun frais de scolarité)… Tout cela me paraissait être beaucoup trop par rapport aux bénéfices qu’un simple échange universitaire pourrait m’apporter. Mais je me trompais, car je peux affirmer aujourd’hui que l’échange avec Georgia State n’est pas un « simple échange universitaire ».

Premièrement, il est vrai que les démarches administratives sont laborieuses et décourageantes. Mais j’ai reçu le soutien plus qu’exhaustif des personnes en charge de ce programme à Georgia State. Professeur Rainbolt, Professeur O’Keefe, et tout le personnel du bureau des étudiants internationaux, m’ont aidée à chaque étape du processus. Plus encore ; une fois sur place j’ai été totalement prise en charge et jamais laissée seule pour faire face aux difficultés.

Les professeurs du département font preuve d’une extrême disponibilité avec les étudiants en programme d’échange, comme avec tous les étudiants en master ici. Ce que j’ai ressenti, c’est une agréable proximité de tous avec tous, comme une grande famille. Les conditions dans lesquelles j’ai étudié à Georgia State sont tout à fait différentes de celles que j’ai connues pendant mes années de License à la Sorbonne. Tout d’abord, le nombre d’étudiants en master est très restreint (une trentaine environ, première et deuxième années confondues, pour quinze professeurs). Le master de philosophie de Georgia State est l’un des mieux placé au rang des masters de philosophie du monde anglo‐saxon (http://www.philosophicalgourmet.com/maprog.asp). La sélection à l’entrée étant très stricte, tous les étudiants de ce programme sont particulièrement motivés et passionnés par la philosophie. Il s’en suit que les conditions pour étudier sont vraiment optimales et stimulantes, et je pense sincèrement que tout étudiant français passionné par la philosophie s’y plairait « nécessairement ». Les exigences sont bien sûr très élevées. Il y a énormément de travail à fournir pour chaque classe (un étudiant en master prend généralement trois cours de philosophie par semestre, même s’il est possible d’en prendre plus ou moins). Mais c’est un véritable travail de recherche, bien encadré par les professeurs. Pour ma part, j’ai bien étendu ressenti la lourde charge de travail, mais je n’ai jamais été autant stimulée par mes études de philosophie que lorsque j’étudiais a Georgia State.

La totalité des cours est en anglais, c’est pourquoi une connaissance satisfaisante de la langue anglaise est nécessaire dès le départ. Beaucoup de choses sont difficiles au début : La prise de notes, la lecture d’articles en anglais (il est absolument nécessaire de lire en profondeur et plusieurs fois les textes assignés pour un cours pour pouvoir être en mesure de suivre le cours correctement), les présentations en anglais en classe, etc. Cependant, cela vient vite avec la pratique (j’aurais même tendance à dire que l’on n’a « pas vraiment le choix » étant donné le rythme de travail ici). Les termes du programme d’échange avec la Sorbonne permettent que l’on écrive les devoirs à rendre (les « papers ») en français. Cependant, les professeurs sont toujours ravis de corriger des brouillons, et je pense donc pour ma part que c’est une belle opportunité à saisir pour se « risquer » à faire de la philosophie dans une langue étrangère. Professeur Rainbolt parle très bien français si l’on a besoin d’une explication concernant des démarches administratives ou s’il y a une urgence. La chose absolument géniale ici, c’est que les professeurs sont vraiment disponibles pour aider les étudiants et prennent au sérieux leur travail philosophique. Que l’on soit un mordu de philosophie de l’esprit, ou un inconditionnel de John Locke, il y a toujours un professeur ici avec qui discuter (notamment à l’occasion des « pizza parties » organisées par le département, où étudiants et professeurs se retrouvent pour savourer d’excellentes pizzas et discuter philosophie !)

Comme je le disais, les conditions de travail sont ici optimales : La bibliothèque de l’université par exemple, est gigantesque – sur 5 étages. Ouverte 7j/7, jusqu’à minuit en semaine. On peut y emprunter AUTANT de livres que l’on veut et l’on peut les garder jusqu’à la fin du semestre. Le catalogue est en ligne (http://www.library.gsu.edu/). Il y a aussi le wifi pratiquement partout sur le campus. Le site internet fonctionne très bien et la plupart des démarches administratives se fait sur internet (relevé de notes, inscriptions pédagogiques, etc.). Communiquer avec les professeurs se fait très facilement par emails ; ils répondent toujours extrêmement rapidement.

Le département de philosophie s’étend sur un étage d’un building sur le campus. S’y trouvent entre autres: la totalité des bureaux des professeurs du département et une salle d’ordinateur pour les étudiants où nous nous retrouvons souvent pour travailler et discuter philosophie ou autre. C’est très convivial. Le contact avec les autres étudiants de master a été extrêmement utile et salutaire pour moi, me permettant de progresser et, petit à petit, d’être capable de parler de philosophie en anglais (ce qui requière énormément d’entrainement).

Je ne saurais dire à quel point mon expérience à Georgia State m’a été profitable. J’ai y appris une toute nouvelle façon de faire de la philosophie, stimulante et passionnante. J’y ai rencontré des gens passionnés par les mêmes choses que moi et qui m’ont fait découvrir des choses passionnantes. J’ai eu à travailler très dur, mais toujours en comprenant pourquoi je fournissais ce travail et à quel point cela m’étais bénéfique. Cela aura été pour moi une veritable chance, et je dois dire: un honneur de pouvoir étudier dans un département de cette qualité.

 
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